Fujifilm X-T3 vs Fujfilm X-T5, lequel a la meilleure qualité d'image ?
- Remi

- il y a 3 heures
- 9 min de lecture

Est-ce que le dernier capteur Fujifilm de 40 Mpx offre réellement une meilleure qualité d’image que l’ancien capteur de 26 Mpx ? La qualité d’image du Fujifilm X-T5 est-elle vraiment supérieure à celle des Fujifilm X-T3 et X-T4 ?
Au-delà des chiffres de résolution, de qualité d’image ou de niveau de bruit, les vraies questions sont plutôt les suivantes : est-ce que passer au Fujifilm X-T5 vaut réellement le coup ? Et surtout, le gain en qualité d’image est-il suffisamment important pour justifier une mise à niveau ?
Ce sont des questions tout à fait légitimes, d’autant que l’arrivée du capteur APS-C de 40 Mpx chez Fujifilm a suscité quelques interrogations. En théorie, faire tenir autant de pixels sur une surface aussi réduite pourrait entraîner davantage de bruit numérique. Un capteur aussi dense comporte davantage de circuits sur une petite surface, ce qui peut favoriser une montée en température, et donc générer plus de bruit.
Dans cet article, je vais donc comparer des images réalisées avec mon bon vieux Fujifilm X-T3 et avec le Fujifilm X-T5, que j’ai eu la chance d’utiliser pendant deux semaines lors d’un voyage photo dans les Dolomites.
Nous allons nous concentrer exclusivement sur la qualité d’image. Je ne prendrai pas en compte les autres différences entre les deux boîtiers, comme l’ergonomie, la facilité d’utilisation ou les fonctionnalités.
Les principaux enseignements
On peut considérer que la qualité d’image du Fujifilm X-T3 est globalement similaire à celle du X-T4.
Le X-T3 comme le X-T5 offrent tous les deux une excellente qualité d’image.
Pour choisir entre le X-T3/X-T4 et le X-T5, ou décider si une mise à niveau est pertinente, ce sont surtout l’ergonomie et les fonctionnalités qui devraient faire la différence.
En pleine journée, le X-T5 semble mieux gérer le bruit que le X-T3. À haute sensibilité et de nuit, le X-T3 prend en revanche l’avantage, même avec l’utilisation du stacking.
En termes de netteté, les résultats sont très proches entre les deux appareils.
Attendre le X-T6, dont la sortie est prévue en 2026, pourrait être une option intéressante, car selon les situations, le gain de qualité d’image apporté par le X-T5 reste relativement limité.
Malgré sa définition supérieure, le X-Trans CMOS 5 HR de 40 Mpx conserve un niveau de bruit bien maîtrisé. Celui-ci devient néanmoins plus visible à partir de 3 200 ISO.
Les 40 Mpx du X-T5 permettent en revanche d’envisager des tirages de plus grande taille et offrent davantage de latitude pour recadrer.
La plupart des constructeurs semblent aujourd’hui avoir atteint un certain plateau en matière de qualité d’image pure, et Fujifilm ne fait pas exception. Les progrès les plus importants concernent désormais davantage l’ergonomie, l’autofocus, l’autonomie et les fonctionnalités générales des boîtiers.
1- Comparaison des capteurs
Le Fujifilm X-T3 est équipé du X-Trans CMOS 4, un capteur APS-C rétroéclairé (BSI) de 26,1 Mpx. Il s’agit du même capteur que celui utilisé dans le Fujifilm X-T4.
Le Fujifilm X-H2S utilise quant à lui le X-Trans CMOS 5 HS (High Speed), la dernière génération de capteur Fujifilm optimisée pour la vidéo et les sujets en mouvement rapide. Il s’agit essentiellement d’une évolution du X-Trans CMOS 4. On peut donc considérer que sa qualité d’image est similaire, voire légèrement supérieure.
Le Fujifilm X-T5 est équipé du X-Trans CMOS 5 HR (High Resolution), un capteur APS-C X-Trans rétroéclairé (BSI) de 40,2 Mpx, également présent dans le Fujifilm X-H2.
Sur le papier, on pourrait donc s’attendre à ce que le X-T5 génère davantage de bruit que le X-T3. Il bénéficie cependant d’une sensibilité ISO native minimale de 125 ISO, contre 160 ISO pour le X-T3. Cela dit, ce ne sont que des chiffres, et leur importance réelle reste à vérifier sur le terrain.
2- La principale différence entre les deux capteurs
TLa différence la plus évidente entre ces deux capteurs est bien entendu leur définition. Avec 40 Mpx contre 26 Mpx, le X-T5 dispose de près de 60 % de pixels supplémentaires par rapport au X-T3.
Selon Fujifilm, cette définition supérieure prendrait réellement tout son sens lorsqu’elle est associée aux objectifs de la marque optimisés pour le capteur de 40 Mpx.
Pour être tout à fait franc, la signification concrète de cette affirmation reste assez floue. On peut supposer que ces objectifs sont capables d’exploiter un peu mieux la définition du capteur et donc de restituer davantage de détails. Mais est-ce que la différence est réellement spectaculaire ? Je n’en suis pas convaincu.
Est-ce aussi un argument marketing destiné à vous faire acheter un nouveau boîtier… et quelques nouveaux objectifs au passage ? C’est tout à fait possible !
3- The test and effective image comparisons
Pour ce test, nous allons comparer des photographies réalisées avec le X-T3 et le X-T5 dans plusieurs situations :
des paysages photographiés avec le XF 10-24 mm première génération ;
des paysages réalisés avec le XF 55-200 mm ;
des photographies de nuit, fichiers RAW et images après traitement.
La méthode utilisée pour cette comparaison est la suivante :
trois séries d’images réalisées dans des conditions différentes, avec différents objectifs, à la fois avec le X-T3 et le X-T5 ;
des images réalisées avec les XF 10-24 mm et XF 55-200 mm, ainsi que des photos de nuit prises avec le Samyang 12 mm f/2 ;
chaque photographie sera observée à sa taille originale, puis à 100 % et 200 %, aussi bien en RAW qu’après traitement ;
le cadrage affiché à 100 % et 200 % sera nécessairement différent puisque les deux capteurs n’ont pas la même définition : 26 contre 40 Mpx. On pourrait évidemment ajuster l’affichage pour obtenir exactement le même cadrage, mais j’ai volontairement choisi de ne pas le faire. L’objectif est justement d’observer ce que chaque fichier délivre à un même niveau de zoom. Dans le cas contraire, le capteur de 26 Mpx serait automatiquement désavantagé.
3.1. Comparaison au grand-angle
Les photographies comparées ci-dessous ont été réalisées dans les conditions suivantes :
10 mm avec le X-T3, soit environ 15 mm en équivalent 24x36, et 11,5 mm avec le X-T5, soit environ 17 mm en équivalent 24x36 ;
sensibilité ISO minimale sur les deux boîtiers : 160 ISO pour le X-T3 et 125 ISO pour le X-T5 ;
ouverture de f/13 sur les deux appareils ;
bracketing de ±2 IL afin de récupérer un maximum de dynamique ;
focus stacking afin d’obtenir une image nette du premier plan jusqu'à l’arrière-plan ;
développement dans Lightroom, puis finalisation dans Photoshop avec notamment des ajustements de netteté, de flou et de contraste.
Comme c’est souvent le cas, lorsque l’on observe les images des deux appareils dans leur ensemble, la différence est pratiquement invisible, qu’il s’agisse des fichiers RAW ou des images traitées.
À 100 % puis 200 %, les fichiers RAW du Fujifilm X-T3 comme ceux du X-T5 ne présentent pas de bruit particulièrement important, mais donnent tous les deux une impression de flou très légers. Sur les images traitées, le bruit devient nettement plus visible, notamment dans le ciel et particulièrement avec le X-T3. On retrouve également le fameux effet de « worms », caractéristique que l’on peut parfois observer dans les fichiers Fujifilm. Dans ce cas précis, il est principalement accentué par l’ajout de netteté en
post-traitement. Il serait possible de limiter cet effet en réduisant l’accentuation dans le ciel ou en appliquant une réduction du bruit en toute dernière étape du traitement.
En comparant directement les fichiers RAW et les images traitées du X-T3 et du X-T5, le X-T5 semble malgré tout conserver un léger avantage. Le fichier du X-T3 paraît un peu plus bruité et légèrement moins détaillé.
Il faut cependant garder à l’esprit que de nombreux facteurs peuvent influencer ce type de comparaison : une légère vibration provoquée par l’obturateur, un mouvement dû au vent ou encore de petites différences lors de la prise de vue.
Dans ce premier test, la qualité d’image reste excellente avec les deux appareils, et l’écart demeure relativement faible.
Continuons maintenant la comparaison avec d’autres objectifs et, surtout, dans des conditions de lumière différentes.
Raw X-T5 Raw X-T3 X-T5 éditée X-T3 éditée Raw X-T5 - 100% Raw X-T3 - 100% X-T5 - 100% éditée X-T3 - 100% éditée Raw X-T5 - 200% Raw X-T3 - 200% X-T5 - 200% éditée X-T3 - 200% éditée
3.2 XF 55-200 mm : le téléobjectif
Les photographies comparées ci-dessous ont été réalisées dans les conditions suivantes :
156 mm avec le X-T3, soit environ 234 mm en équivalent 24x36, et 149 mm avec le X-T5, soit environ 218 mm en équivalent 24x36 ;
vitesse d’obturation : 1/250 s avec le X-T3 et 1/40 s avec le X-T5, dans les deux cas à main levée ;
ouverture : f/13 avec le X-T3 et f/11 avec le X-T5. Des valeurs probablement un peu trop élevées dans les deux cas, mais c’est aussi le genre de chose qui peut arriver lorsque l’on change régulièrement d’objectif sur le terrain ;
sensibilité ISO minimale sur les deux appareils : 160 ISO pour le X-T3 et 125 ISO pour le X-T5 ;
une seule prise de vue pour chaque appareil, sans focus stacking ni bracketing ;
développement dans Lightroom, puis finalisation dans Photoshop avec notamment des ajustements de netteté, de flou et de contraste.
Comme pour les images précédentes, lorsque l’on observe les photographies dans leur ensemble, il n’y a pas de différence majeure en matière de bruit ou de qualité d’image, que ce soit sur les fichiers RAW ou sur les images finales après traitement.
En revanche, en zoomant dans les fichiers RAW, on commence à distinguer quelques différences. Le X-T3 présente davantage de bruit dans les zones les plus sombres. Cela pourrait notamment s’expliquer par la sensibilité ISO minimale plus basse du X-T5, à 125 ISO contre 160 ISO pour le X-T3.
L’image du X-T5 semble toutefois légèrement moins nette. Cela se remarque notamment sur le toit du refuge ainsi que sur les deux structures en bois situées devant celui-ci. Les deux photographies ayant été prises à main levée, et celle du X-T5 ayant été réalisée à une vitesse nettement plus lente — 1/40 s contre 1/250 s — il est tout à fait possible qu’un léger mouvement au moment de la prise de vue soit responsable de cette différence.
Gardons également à l’esprit que nous sommes ici en plein pixel peeping : nous observons les fichiers à des niveaux de grossissement importants pour essayer d’identifier de petites différences. Il n’y a donc rien de réellement préoccupant dans ces résultats.
Sur les images traitées et agrandies, auxquelles j’ai appliqué un post-traitement globalement similaire, le bruit du X-T3 devient nettement plus visible, une nouvelle fois principalement dans les zones sombres.
Le léger manque de netteté reste perceptible sur l’image du X-T5, mais le traitement permet de le réduire suffisamment pour qu’il devienne presque invisible. Bien entendu, une image parfaitement nette dès la prise de vue reste toujours préférable.
Jusqu’à présent, les deux comparaisons réalisées en journée avec les XF 10-24 mm et XF 55-200 mm semblent donc montrer une meilleure gestion du bruit sur le X-T5, ainsi qu’un très léger avantage en matière de netteté.
Sur ce dernier exemple, le X-T5 apparaît certes un peu moins net, mais cela semble davantage lié à la vitesse d’obturation beaucoup plus lente qu’aux performances du capteur lui-même, qui n’a probablement pas permis de maintenir une stabilité parfaite à main levée.
Voyons désormais ce qui se passe dans des conditions beaucoup plus exigeantes : la photographie de nuit.
Raw Fujifilm X-T5 Raw Fujifilm X-T3 Fujifilm X-T5 éditée Fujifilm X-T3 éditée Raw Fujifilm X-T5 - 100% Raw Fujifilm X-T3 - 100% Fujifilm X-T5 - 100% éditée Fujifilm X-T3 - 100% éditée Raw Fujifilm X-T5 - 200% Raw Fujifilm X-T3 - 200% Fujifilm X-T5 - 200% éditée Fujifilm X-T3 - 200% éditée
3.3 Photographie de nuit
Les photographies comparées ci-dessous ont été réalisées dans les conditions suivantes :
utilisation du Samyang 12 mm f/2 avec le X-T3 comme avec le X-T5, soit environ 18 mm en équivalent 24x36 ;
temps de pose de 8 secondes sur les deux appareils ;
ouverture à f/2 dans les deux cas ;
sensibilité de 6400 ISO sur les deux boîtiers ;
stacking de 20 images pour réduire le bruit, réalisé avec Starry Landscape Stacker (logiciel Mac) ;
développement dans Lightroom, puis finalisation dans Photoshop avec notamment des ajustements de netteté, de flou, de contraste et de couleurs.
Les deux photographies ont été prises à deux jours d’intervalle. Elles sont donc assez différentes, aussi bien en termes de composition que de lumière. En revanche, l’objectif et l’ensemble des paramètres de prise de vue étaient identiques.
Une fois entièrement traitées et après avoir assemblé 20 images afin de réduire le bruit, les deux photographies offrent un excellent niveau de détail et une très bonne qualité d’image. Mais c’est surtout en zoomant dans les fichiers que les différences deviennent intéressantes.
Sur les fichiers RAW — une seule prise de vue, sans stacking — les deux appareils présentent un niveau de bruit assez important. Ce n’est pas vraiment une surprise avec les boîtiers Fujifilm à une sensibilité aussi élevée. Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez d’ailleurs consulter mon article consacré à l’utilisation des appareils Fujifilm en astrophotographie.
En zoomant dans les fichiers RAW, le résultat devient plus évident : malgré ses 40 Mpx, le X-T5 semble mieux gérer le bruit que le X-T3. La netteté reste quant à elle très similaire sur les deux appareils.
Sur les images traitées et assemblées, le résultat s’inverse légèrement. Le X-T3 semble prendre un petit avantage avec un peu moins de bruit, tandis que la netteté reste très proche. Le traitement peut évidemment influencer le niveau de bruit final, mais dans ce cas précis, le X-T3 s’en sort légèrement mieux.
Raw Fujfilm X-T5 (une seule image) Raw Fujfilm X-T3 (une seule image) Processed Fujfilm X-T5 (stacked) Processed Fujfilm X-T3 (stacked) Raw Fujfilm X-T5 - 100% (une seule image) Raw Fujfilm X-T3 - 100% (une seule image) Fujfilm X-T5 - 100% (stacked) - Editée Fujfilm X-T3 - 100% (stacked) - Editée Raw Fujfilm X-T5 - 200% (une seule image) Raw Fujfilm X-T3 - 200% (une seule image) Fujfilm X-T5 - 200% (stacked) - Editée Fujfilm X-T3 - 200% (stacked) - Editée
Pour conclure cet article, cette comparaison entre le Fujifilm X-T3 et le X-T5 montre que le X-T5 offre globalement une meilleure qualité d’image et une meilleure gestion du bruit. La différence reste toutefois assez limitée. Son principal avantage se situe surtout au niveau de l’impression : grâce à ses 40 Mpx, le X-T5 permet de conserver davantage de détails sur les tirages de grande taille. Pour les formats d’impression les plus courants, en revanche, les résultats seront très similaires.
Si vous possédez déjà un Fujifilm X-T3 ou X-T4, faut-il passer au X-T5 ou au X-H2 ? Ma réponse serait : pas encore. Le X-T6 est attendu dans le courant de l’année 2026, probablement vers la fin du premier semestre ou au cours du second. D’ici là, continuer d'utiliser un X-T3 ou un X-T4, qui restent des appareils parfaitement capables, me semble tout à fait pertinent.
A propos de l'auteur

Je m'appelle Rémi Bergougnoux, photographe professionnel de voyage et de paysage, basé dans le Jura. Parmi les destinations qui ont le plus influencé mon travail figurent l’Amérique latine, où j’ai passé près d’un an, la Namibie, l’Islande et la Norvège.
En parallèle de ce blog, je partage mes conseils photo sur ma chaîne YouTube Remontheroad et j’organise des voyages et stages photo.
En dehors de la photographie, mes principales passions sont la randonnée, la cuisine, le bon vin et les moments entre amis.


Commentaires